Retour vers le futur… du travail (ou comment former à des professions qui n’existent pas encore)

Selon la note de conjoncture de juin 2018 du STATEC, depuis 2013, le taux des postes vacants augmente tant au Luxembourg que dans l’ensemble de la zone euro, et ce, surtout dans les secteurs des services aux entreprises, des TIC et de l’Horeca. Pourtant, le Grand-Duché garde un taux de chômage avoisinant les 5,4% (taux similaire à celui d’avant-crise) avec quelques 15 000 personnes sans emploi. Si on enlève de ces chiffres l’impact du chômage frictionnel, c’est-à-dire le chômage « naturel »  issu de la transition et du délai nécessaire à une personne pour trouver un emploi, cela nous fait plus de 6700 personnes en recherche d’emploi. Il persiste donc un phénomène de divergence entre offre et demande sur le marché du travail qui prend ses racines dans un déséquilibre de compétences d’ailleurs identifié par l’European skills and jobs survey (ESJS) réalisé en 2014 dans les 28 Etats membres de l’Union Européenne[1].

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De la laine de roche dans mon yaourt, ou l’effet NIMBY à la sauce luxembourgeoise !

Le Luxembourg ne verra donc pas l’investissement de l’entreprise Knauf sur son sol. A priori, on pourrait se dire que, dans une optique transfrontalière et régionale, une implantation d’une nouvelle entreprise industrielle chez notre voisin français est une bonne chose, pour équilibrer quelque peu le développement économique sur le territoire de la Grande Région, dont peut bénéficier indirectement le Grand-Duché. Les réflexions autour de la croissance qualitative doivent englober aussi des considérations en matière d’aménagement du territoire et d’organisation de l’espace dépassant les frontières luxembourgeoises. Continue reading

Pour une croissance plus (im)matérielle

Les facteurs de production « classiques », qui sont intrinsèquement à la base du phénomène de croissance, tendent à se raréfier au fil du temps. On songera d’une part à la main-d’œuvre qualifiée – qui ne peut que s’éroder suite au vieillissement démographique – et d’autre part à la conjonction de ressources naturelles moins abondantes et d’un encadrement plus contraignant des émissions de dioxyde de carbone. Dans un tel contexte, qui apparaît déjà en filigrane actuellement, la croissance sera de plus en plus tributaire des hausses de productivité fondées sur le savoir et les actifs immatériels. Continue reading

Une hausse du SSM, un cadeau empoisonné pour les ménages modestes

Cent euros nets en plus pour les salariés qui touchent le salaire minimum, c’est l’idée émise par le Ministre du Travail sur les ondes de RTL en ce début d’année (électorale). Mieux rémunérer les salariés du bas de l’échelle pour le travail qu’ils accomplissent est une intention qui semble louable. Toutefois, cette proposition repose sur une analyse incomplète des mécanismes agissant sur les inégalités et la pauvreté du Luxembourg et l’omission de la prééminence des entreprises dans la création de richesse pour tous. Continue reading

La croissance qualitative – avec les entreprises !

La reprise économique paraît enfin bien arrimée en zone euro. En témoigne par exemple une croissance qui selon la Commission européenne a atteint 2,2% en 2017, soit le taux le plus élevé depuis 2007. Cette vague bien plus porteuse qu’anticipé au printemps 2017 ne peut que déferler sur le Grand-Duché, dont 54% des exportations de biens et services ont pour destination la zone euro. Ainsi, l’indicateur de confiance des consommateurs de la Banque centrale a atteint en novembre 2017 son sommet depuis que l’enquête existe (soit depuis juin 1999), toutes ses composantes étant orientées à la hausse. Cette évolution positive est confirmée par la nouvelle enquête Eurochambres (publiée le 7 décembre), qui met en évidence un climat des affaires relativement encourageant en 2017 et 2018, même si cette situation d’ensemble est légèrement atténuée par certains résultats de l’industrie manufacturière. Dans ce contexte et selon la dernière Note de conjoncture du STATEC, la croissance économique du Luxembourg aurait été de 3,1% en 2016 et de 3,4% en 2017. Continue reading

Quant au futur du libre-échange…

Le mois dernier, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a augmenté ses prévisions de croissance du commerce mondial de 2,4 à 3,6% pour 2017, soit presque trois fois plus qu’en 2016. Les grands blocs économiques, dont également l’Union Européenne, en profitent. En même temps, l’OMC freine l’optimisme en soulignant que plusieurs facteurs de risques menacent l’économie mondiale. L’organisation cite les risques géopolitiques, les catastrophes naturelles, mais aussi les tendances protectionnistes, qui constituent, à mon avis, un grand danger pour notre société, pour le commerce international, pour le marché intérieur européen et avant tout pour des économies ouvertes comme celle du Grand-Duché, qui porte l’internationalisation et l’ouverture vers l’extérieur dans son ADN. Continue reading

Formation académique et professionnelle – main dans la main au lieu de coude à coude

La formation universitaire et la formation professionnelle ont pendant longtemps été considérés comme des champs de bataille académiques indépendants l’un de l’autre au Luxembourg. Avec l’apparition et les premiers succès de la formation tertiaire professionnalisante, ce temps est toutefois révolu.

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Réforme du congé de paternité proposée par la Commission européenne : pourquoi il est urgent d’attendre !

Alors que le congé de paternité et les autres congés spéciaux prévus par le Code du travail sont en passe d’être réformés par le biais d’un projet de loi[1] pour lequel le travail d’analyse à la Chambre des Députés ne fait que commencer, d’aucuns voudraient rebattre les cartes à la faveur d’une récente proposition de directive élaborée par la Commission européenne[2] sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, déposée en avril dernier… Continue reading

Quo vadis télétravail ?

Il est sur toutes les lèvres et il interpelle : le télétravail. Si l’idée de travailler à partir d’un endroit qui n’est pas le lieu de l’entreprise n’est en rien révolutionnaire, c’est plutôt la possibilité donnée par les ordinateurs, tablettes et autre artéfacts connectés qui le rend a priori plus abordable. Plus besoin de clés USB, de documents imprimés, de versions parallèles : la connectivité et la numérisation rendent possible le travail quasi indépendamment du lieu. Continue reading